Syndrome Brachycéphale : Chirurgie laser du palais et des narines
- Le syndrome brachycéphale est un syndrome dont les composantes essentielles sont un palais trop long et des narines trop serrées (sténosées).
- Il concerne, comme son nom l'indique, les chiens à nez écrasés (brachycéphales) tels que le Bouledogue Français, et le Bulldog Anglais essentiellement, mais aussi le Cavaliers King Charles, Shih-Tzu, Pékinois...
- Dans les cas les plus légers, le syndrome se manifeste uniquement par des ronflements. Cependant, la plupart du temps, il entraine des insuffisances respiratoires pouvant être catastrophique et conduire au décès du patient. Il s'exacerbe en été avec une aggravation des symptômes et une nette intolérance à la chaleur.
- Le traitement chirurgical a pour but de supprimer l'insuffisance respiratoire en réduisant le voile du palais et en élargissant les narines.
- La chirurgie laser est actuellement la technique de choix recommandée pour traiter cette pathologie.
Causes du syndrome brachycéphale.
Autrement nommé syndrome obstructif des voies aériennes, ce syndrome concerne essentiellement les chiens de races dites brachycéphales qui se caractérisent par un crâne court, donnant un aspect de nez écrasé. Dans ces races, la sélection génétique a entraîné une modification des voies aériennes supérieures conduisant à un voile du palais trop long et un resserrement des narines (sténose). Il existe aussi une autre composante digestive du syndrome brachycéphale avec un resserrement du pylore, pouvant entraîner des régurgitations. Cette dernière anomalie demeure cependant moins fréquente.
L'allongement du voile du palais et la sténose des narines font obstacles au passage normal de l'air vers la trachée et les poumons.
Les races concernées sont essentiellement : le Bouledogue français, le Bulldog Anglais, Le Cavalier King Charles, le Carlin, le Shih-Tzu et le Pékinois.
Schéma d'une sténose des narines chez un chien brachycéphale
Schéma anatomique d'un voile du palais trop long chez un chien brachycéphale
Symptômes et conséquences.
Le ronflement est le premier symptôme constaté. En général, s'il peut paraître anodin et ne pas gêner le chien, il ne doit cependant pas être négligé et doit conduire à se poser la question : est-ce que mon chien respire réellement normalement ?
Est-il normal qu'il ne puisse pas courir plus de 10 minutes sans être essoufflé ?
Est-il normal qu'il ne supporte pas la chaleur et qu'il doive rester enfermé l'été ?
L'insuffisance respiratoire est le réel symptôme du syndrome brachycéphale, elle se manifeste par :
- Des difficultés respiratoires importantes avec un essoufflement et souvent une cyanose (les muqueuses et la langue peuvent devenir bleues).
- Un intolérance permanente à l'effort : le chien s'essouffle dès qu'il s'excite.
- Une aggravation nette des symptômes l'été et une intolérance à la chaleur.
Les conséquences de l'insuffisance respiratoire peuvent être catastrophiques :
Apparition très rapide d'une insuffisance cardiaque droite.
Risque de développer des oedèmes pulmonaires.
Risque important de mort subite du chien à cause de l'insuffisance respiratoire et/ou de l'insuffisance cardiaque.
L'insuffisance respiratoire avec cyanose se rencontre dans les stades avancés, des syncopes peuvent survenir par manque d’oxygène.
Diagnostic
Le diagnostic est essentiellement clinique, avec le constat des ronflements, d'une intolérance à l'effort et à la chaleur.
Une anesthésie de très courte durée est souvent pratiquée pour visualiser le voile du palais et planifier le traitement chirurgical.
Un bilan radiographique cardio-respiratoire complet est réalisé avant toute décision chirurgicale, la réalisation d'une échographie cardiaque et/ou d'un électrocardiogramme peuvent aussi être nécessaires en cas de suspicion d'insuffisance cardiaque.
Si une sténose pylorique avec reflux gastro-oesophagien est suspectée : une endoscopie digestive peut être indiquée.
Traitement chirurgical
- D'une façon large, tout brachycéphale ronfleur peut être opéré. D'un point de vue plus pragmatique, le traitement est indiqué pour tout chien présentant une intolérance à l'effort ou à la chaleur. Il est impératif pour les animaux présentant une insuffisance respiratoire.
- Il n'est pas normal qu'un chien ne puisse pas marcher plus de 10 minutes sans être essoufflé, sans être obligé de s'arrêter et, à fortiori, sans se retrouver au bord de l'asphyxie.
Le traitement consiste en un élargissement des narines (rhinoplastie) et en un raccourcissement du voile du palais (palatoplastie).
Les interventions se font sous anesthésie générale et en utilisant un laser CO2 comme bistouri.
L'usage du laser CO2 est la technique actuellement universellement recommandée par les chirurgiens vétérinaires.
Le laser permet une chirurgie plus rapide et plus sûre pour le patient, en réduisant les saignements et en diminuant l'oedème post-opératoire du palais.
La chirurgie laser permet de réduire la morbidité post-opératoire de façon spectaculaire et assure des suites opératoires beaucoup plus simples pour le patient.
Aspect du voile du palais avant et après palatoplastie par laser CO2
Aspect des narines après rhinoplastie par laser CO2
Dans le meilleur des cas, les chiens rentrent chez eux le soir de l'intervention avec un traitement médical pour quelques jours, parfois une surveillance post-opératoire à la clinique de 24h à 48h peut être nécessaire.
Suites et soins post-opératoires.
Les consignes sont clairement expliquées avant l'intervention et au moment de la sortie du patient :
Le chien doit être laissé au calme pendant 10 jours et l'exercice proscrit pendant un mois.
Des anti-inflammatoires et des antalgiques sont prescrits pendant quelques jours.
Les points de suture sur les narines se résorbent en trois semaines environ.
L'amélioration des capacités respiratoires du chien est normalement immédiate.
Disparition de l'insuffisance respiratoire
Tolérance à l'effort nettement améliorée.
Tolérance bien meilleure face aux grosses chaleurs.
Les ronflements nocturnes sont fortement diminués, ils peuvent ne pas disparaître complètement.
Des complications sont possibles
- Bien que rare, un décès lors de l’anesthésie peut survenir. Grâce à l’utilisation de protocoles anesthésiques modernes et d’appareils de monitorage (ECG, oxymétrie pulsée, capnographie), le risque est minimisé.
- L’infection est une complication peu fréquente.
- Une inflammation des voies respiratoires peut persister quelques jours et nécessiter un traitement médical approprié dans les semaines suivant l'intervention.