- Les compressions du tissus nerveux sont responsables de troubles locomoteurs graves.

- Elles engendrent des parésies ou des paralysies.

- Les causes les plus fréquentes sont: les hernies discales, les instabilités vertébrales, les fractures et luxations vertébrales,les infections des disques intervertébraux, les tumeurs du tissus nerveux ou des vertèbres ou la combinaison de plusieurs de ces troubles.

- La plupart des compressions médullaires se traitent chirurgicalement avec de très bons taux de récupération

Introduction

La colonne vertébrale (ou rachis) est un axe osseux constitué de vertèbres alignées les unes derrière les autres et solidarisées entre elles par des ligaments et par les disques intervertébraux. Le rachis sert de réceptacle, au sein d'un canal appelé canal vertébral, à la moëlle épinière et en partie terminale à des nerfs (la queue de cheval).

Le tissus nerveux: (moëlle épinière et nerf) est très fragile et extrèmement sensible à toute compression.

Les causes de compressions sont nombreuses, d'une façon générale en médecine vétérinaire les traitement intéressent surtout: les hernies discales, les instabilités intervertébrales: atlalnto-axiales, cervicales ou lombaires, les problèmes de canal lombosacré étroit ou les infections des disques intervertébraux (discospondylite ou spondylodiscite).

 

Eléments anatomiques

  • La colonne vertébrale ou rachis se divise en plusieurs segments.
    • Le rachis cervical dont les deux premières vertèbres sont nommées "Atlas" & "Axis" et qui sont le siège d'une pathologie particulière: l'instabilité atlanto-axiale.
    • Le rachis thoracique sur lequel viennent s'attacher les côtes.
    • Le rachis lombaire
    • Le sacrum sur lequel vient s'attacher le bassin
    • La queue


  • Les vertèbres sont-elles même composées de plusieurs éléments.
    • Le corps vertébral: qui est la partie osseuse la plus dense et la plus dure de la vertèbre, il constitue avec le disque intervertébral le compartiment ventral de la vertèbre.
    • Le disque intervertébral: qui se situe entre deux corps vertébraux et a un rôle de cylinbloc, il est lui même composé de deux élements concentriques qui sont le noyau pulpeux et l'anneau fibreux.
    • Le Canal vertébral situé au milieu de la vertèbre et qui en constitue le compartiment moyen, c'est dans le canal vertébral que se situe le tissus nerveux.
    • La lame dorsale qui avec les processus articulaires et l'apophyse épineuse constituent le compartiment dorsal ou toît de la vertèbre.


    • Les vertèbres sont articulées les unes aux autres par les disques intervertébraux et les apophyses articulaires, un certain nombre de ligaments viennent renforcer ces structures, les plus importants sont le ligament longitudinal ventral qui court en face ventrale du corps vertébral, le ligament longitudinal dorsal qui court en face dorsale du corps vertébral et constitue avec lui le plancher du canal vertébral et le ligaments interlamellaire ou ligament jaune qui fait le lien entre les lames dorsales des vertèbres adjacentes et constitue avec ces dernières le toit du canal vertébral.
    • Entre chaque vertèbre au dessus du disque intervertébral existe un orifice appelé foramen intervertébral au travers duquel sortent les nerfs rachidiens.


  • Le tissus nerveux est divisé en Moêlle épinière et Nerfs.
    • La moëlle épinière démare en arrière du bulbe rachidien et se prolonge jusqu'à la sixième vertèbre lombaire environ.


    •  

    • La moëlle épininière est divisée en segments médullaires qui répondent aux segments vertébraux: globalement à chaque vertèbre correspond un segment médullaire et une paire de nerfs rachidiens qui sortent par les foramens intervertébraux. Cependant durant le développement la moëlle grandis moins vite que le rachis ce qui explique un décalage des segments medullaires par rapport aux segments rachidiens; ce décalage devient sensible à partir du deuxième segment lombaire (L2). Du fait de cette croissance différentielle le cône terminal de la moelle se trouve donc au niveau des cinquième et sixième vertèbres lombaires (L5 et L6). Cependant les nerfs rachidiens continuent eux à sortir par leurs foramens respectifs et constituent donc au dela de L6 un ensemble de nerfs nommés nerfs de la queue de cheval en position intracanalaire.

     

     

    • Au niveau des membres thoracique et pelvien les nerfs rachidiens se regroupent en plexis après leur sortie par les foramens intervertébraux pour constituer les gros nerfs qui vont innerver les bras et les jambes.

Mécanisme des compressions médullaires et radiculaires

  • Selon le site de la compression on distingue plusieurs types de compressions
    • Les compressions extradurales: qui sont extérieures au tissus nerveux
    • Les compressions intradurales extramedullaires: qui ont pour origine les méninges.
    • Les compressions intramédullaires qui ont pour origine le tissus nerveux lui même

 

La compression quelle que soit son origine entraine une altération de la transmission de l'information véhiculée par le tissus nerveux.

  • Le tissus nerveux est protégé au sein du canal vertébral, cependant sous l'effet de diverses pathologie il peut se trouver comprimé voire rompu, ce sont ces compressions qui sont responsables des troubles qui peuvent aller de la simple douleur à la paralysie avec perte de sensibilité. Les principales causes de compression sont:
    • Les hernies discales
    • Les fractures vertébrales.
    • Les instabilités et malformations vertébrales.
    • Les tumeurs vertébrales ou les tumeurs du tissus nerveux.
    • Les infections des disques intervertébraux.
  • Lorsque la compression intéresse la moëlle épinière elle est dite médullaire, losqu'elle se produit sur des segments rachidiens postérieurs à L6, dans la zone de la queue de cheval elle est dite radiculaire (car touche les racines nerveuses).
  • Les compressions médullaires sons classées en cinq stades de gravité, leur évolution est en général rapide sur le mode aigüe.

- Le Stade 1: qui se manifeste seulement par de la douleur.

- Le Stade 2: à la douleur s'ajoute une ataxie (l'animal est dit parétique), les signaux nerveux permetant la perception du corps dans l'espace (la proprioception) sont altérés ainsi que les signaux moteurs, cependant l'animal reste capable de se mouvoir.

- Le Stade 3: l'animal est paralysé, il conserve par contre le contrôle de ses sphincters urinaires et anaux et perçoit toujours la douleur profonde.

- Le Stade 4: l'animal est paralysé et ne contrôle plus ses sphincters, il perçoit toujours la douleur profonde.

- Le Stade 5: l'animal est paralysé, ne contrôle plus ses sphincters et a perdu la sensibilité douloureuse profonde (SDP): (la SDP est mise en évidence par pincement des doigts qui doit entrainer une défense de l'animal: il se retourne). Attention la flexion du membre est un réflexe court et ne signifie pas que l'animal perçoit la douleur.

  • Les compressions radiculaires sont d'évolution plus insidieuses, elles sont d'évolution plutôt chronique. Elles se manifestent au départ par des douleurs au niveau de la jonction lombo-sacrée et évoluent plus ou moins rapidement vers une parésie puis une paralysie: il s'agit du syndrome de la queue de cheval.

Traitement des compressions médullaires et radiculaires

Le traitement des compressions médullaires et multimodal et passe souvent par une intervention chirurgicale.

Les compressions médullaires légères (Stade 1) ou radiculaires débutantes passent généralement par un traitement médical avec administration d'anti-inflammatoires. En cas d'échec du traitement une décompression chirurgicale doit être envisagée.

Le traitement chirurgical consiste en la réalisation d'une chirurgie décompressive par laminectomie ou corpectomie. Une stabilisation du rachis peut accompagner la chirurgie décompressive ou être réalisée sans décompression associée comme dans les instabilité atlanto-axiales par exemple.

Les facteur le plus important de la réussite des chirurgies du rachis sont la rapidité d'intervention et le stade initial de la compression surtout lors de compressions aigües.

D'une façon générale pour les compressions radiculaires et les compressions médullaires de stade inférieur à 5 les taux de réussite sont autour de 90% de bons résultats.

Pour les compression médullaire de stade 5 les résultats restent satisfaisant si l'intervention est réalisée dans les premières heures suivant le traumatisme (moins de 2 heures). au delà de six heures et selon les auteurs on considère que les taux de bons résultats tombent en dessous de 50% et en dessous de 30% au delà de 12 heures (ou 24 heures suivant les auteurs). Dans tous les cas on considère que passée la 48ème heure le pronostic de récupération est inférieur à 5% et que la chirurgie n'apporte aucun avantage thérapeutique au patient.

 

Complications éventuelles

- Indépendamment de la technique le risque d’accident à l’anesthésie, aussi faible soit il, reste non nul.

- Les infections du site chirurgical sont rares et généralement bénignes.

- Une collection séreuse peut se constituer sur le site chirurgical sans conséquence fonctionnelle.

- Le tissus nerveux conserve une suceptibilité propre, surtout au niveau médullaire, qui toutes statistiques confondues ne permet pas de pouvoir assurer un risque de mauvais résultat inférieur à 5%. Dans tous les cas une agravation parfois irréversible du statut neurologique du patient demeure possible.