- La triple ostéotomie pelvienne (TOP) est une chirurgie visant à corriger la dysplasie de la hanche chez les animaux non arthrosiques.

- Elle se pratique chez des animaux en général agés de 8 à 12 mois.

- Elle permet une disparition rapide de la boiterie et limite très fortement le développement de l'arthrose.

- C'est une intervention relativement lourde mais qui donne d'excellents résultats dans 90% des cas, à condition d'en poser correctement l'indication.

Introduction

La dysplasie coxo-fémoral (dysplasie de la hanche) est une affection fréquente touchant principalement les chiens de grande race. Cette maladie est due a un développement anormal de la hanche lors de la croissance du chiot. L’hérédité est un facteur majeur de la dysplasie. Il peut arriver que les parents soient néanmoins indemnes de dysplasie, mais ils possèdent alors tout de même des gênes de la maladie.

  • Le premier stade de la dysplasie de la hanche engendre une laxité de l’articulation coxo-fémorale. a l'appuie, la hanche se subluxe et de ce fait, la tête fémorale et le cotyle (cavité articulaire) se déforment progressivement en s’aplatissant. De l’arthrose apparait sur l’articulation et est cause de douleurs.
  • Parfois, l’articulation peut être si modifiée qu'à la suite d'un traumatisme mineur elle peut se luxer. L’animal se met alors subitement à boiter. Le plus souvent, l’affection est bilatérale.
  • Généralement les signes cliniques de dysplasie coxo-fémorale peuvent être décelés vers l’âge de 4 mois, mais le diagnostic est plus souvent réalisé vers 8 à 12 mois. Les signes cliniques principaux sont une intolérance à l’exercice, une démarche chaloupée, des boiteries, des douleurs à l'extension de la hanche, de la difficulté à se lever après un repos et l’atrophie des muscles des postérieurs. Certains chiens ne montrent les premiers signes de dysplasie que vers 2 ans, voire quand ils sont plus âgés après l'apparition de l'arthrose.
  • Le diagnostic de dysplasie de la hanche est basé sur la combinaison de l'historique de l'animal, des signes cliniques présents, des examens orthopédiques et  radiographiques. La décision opératoire ne se prend pas uniquement sur la base de l'examen radiographique, mais tiens compte du contexte clinique et de la réalité du handicap: "on n'opère pas des radios".
  • Le candidat pour une triple ostéotomie doit avoir une dysplasie de la hanche, sans arthrose, un signe d’Ortalani positif (manœuvre orthopédique qui permet de mettre en évidence la laxité) avec un angle de réduction inférieur à 40°, et surtout le cotyle doit être rétentif (la tête fémorale doit rentrer dans l'acétabulum en position radiographique dite de la grenouille). Tous les candidats présentant une coxa-plana (cotyle plan), une luxation congénitale de la hanche ou un cotyle comblé doivent être écarté d'un traitement pat TOP.

 

Déroulement de l'intervention

Le principe de l'intervention est de réaliser trois coupes sur l'os du bassin (triple ostéotomie) afin de pouvoir mobiliser le massif cotyloïdien et le faire basculer vers l'avant. Cet effet de bascule permet d'augmenter le recouvrement dorsal de la tête fémorale par le cotyle et de stabiliser la hanche en neutralisant la subluxation.

 

 

L'intervention se réalise en trois étapes:

  • La pubectomie: qui consiste par un abord inguinal à retirer un petit morceau de la branche montante du pubis

  • L'ischiotomie: qui consiste par un abord caudal à sectionner la table ischiatique dans le plan sagital.
  • L'iliotomie: par abord latéral de l'ilium, on réalise une section transversale de l'ilium qui permet de libérer le massif cotyloïdien et de le basculer ventralement. Cette ostéotomie est stabilisée par une plaque d'ostéosynthèse préformée pour triple ostéotomie pelvienne qui permet de donner exactement l'angle de rotation désiré.

 

Aprés l'intervention le patient doit strictement être confiné pendant 45 jours, la reprise d'appuie sur le membre opéré survient normalement dans la première semaine post-opératoire et la boiterie disparait normalement en moins de trois semaines. La normalisation radiologique avec stabilisation progressive de la hanche s'effectue sur trois mois environ pour obtenir le recouvrement optimal.

 

 

 

Efficacité du traitements

  • La triple ostéotomie pelvienne lorsqu'elle est indiquée donne d'excellents résultats avec une normalisation de la démarche et une supression de la boiterie.
  • Le développement arthrosique est freiné et sera normalement négligeable et sans conséquence fonctionnelle.
  • Les animaux opérés ont pour la plupart une vie normale sans déficit sur la ou les hanches opérées, l'intervention peut être bilatérale.
  • Il s'agit de l'intervention de correction de la dysplasie de la hanche qui est la plus pratiquée et à la faveur de la plupart des chirurgiens. Il s'agit d'une intervention de chirurgie réglée pour laquelle le recul et l'évolution des implants permet actuellement de garantir au patient les meilleures chances d'une qualité de vie optimale si l'indication chirurgicale est correctement posée.
  • La TOP est une intervention complexe qui demande une pratique et une connaissance avancée de la chirurgie orthopédique.

 

Complications éventuelles

- Indépendamment de la technique le risque d’accident à l’anesthésie, aussi faible soit il, reste non nul.

- Les infections du site chirurgical sont rares, le respect strict des règles d'asceptie en chirurgie orthopédique permet de les prévenir.

- Une trop grande activité durant la période cicatricielle peut conduire à un descellement des implants, une reprise chirurgicale peut être nécessaire mais la plupart du temps les segments osseux se positionnent correctement et le recouvrement acétabulaire reste satisfaisant. Passé 6 semaines la cicatrisation est normalement suffisamment avancée pour que les implants puissent bouger.

- Un traumatisme du nerf sciatique peut survenir durant l'intervention, le  déficit neurologique est d'ordinaire transitoire et se solutionne en moins de trois semaines. Exceptionnellement une lésion irréversible peut se produire, sa conséquence est alors catastrophique avec une perte d'usage définitif du membre.

-Un traumatisme de l'urètre pelvien peut aussi se produire avec pour conséquence une hématurie transitoire.