- La dysplasie de la hanche est un développement anormal de l'articulations de la hanche qui conduit à une instabilité de l'articulation et au développement rapide d'une arthrose souvent très invalidante.

- Le déterminisme de la maladie repose en général sur une base génétique, il s'agit d'un vice congénital et héréditaire. Dans de rares cas cependant la dysplasie coxo-fémorale peut être la conséquence d'un traumatisme de l'articulation durant le développement: ces cas restent anecdotiques.

- Un arsenal thérapeutique est disponible afin de gérer temporairement la douleur associée aux articulations des hanches. La chirurgie est néanmoins souvent nécessaire.

- La résection de la tête et du col fémoraux est généralement réservée aux patients de petite taille ; la triple ostéotomie du bassin est indiquée sur les animaux en croissance présentant peu de modifications arthrosiques, il s'agit d'une intervention correctrice, la symphysiodèse pelvienne doit être réalisée avant 24 semaines, il s'agit aussi d'une intervention correctrice ; la prothèse totale de hanche est une intervention de sauvetage utilisée chez les chiens de grande race.

Introduction

La dysplasie coxo-fémorale (dysplasie de la hanche) est due à un développement anormal de la hanche lors de la croissance. La tête fémorale et le cotyle  ne s’articulent pas correctement. La dysplasie de la hanche engendre une laxité et une instabilité de l’articulation de la hanche. La tête fémorale et le cotyle (cavité articulaire) se déforment en s’aplatissant. De l’arthrose apparait sur l’articulation et est source de douleurs et de boiteries.

L’hérédité est un facteur majeur de dysplasie. Il peut arriver que les parents soient néanmoins indemnes de dysplasie, mais qu'ils possèdent quand même les gênes de la maladie, ils sont alors dits porteurs asymptomatiques et sont capables de transmettre la tare à leurs descendants.

Les chiens peuvent montrer des signes de dysplasie de la hanche dès l’âge de 4 mois, mais le diagnostic est plus souvent réalisé vers 8 à 12 mois. Un diagnostic peut être porté vers l'âge de 6 mois. Vers 12 mois il est souvent trop tard pour corriger efficacement une dysplasie, bien que la radio officielle de dépistage se fasse à cet âge !.

Un dépistage précauce peut être effectué à partir de la dixième semaine sous anesthésie par technique de distraction "Penn Hip". Ce dépistage permet de faire des corrections précauces peu invasives en utilisant les capacités de croissance du squelette: il s'agit de la symphysiodèse pelvienne.

L’intolérance à l’exercice, une démarche chaloupée, les sauts de lapin, la difficulté à se lever après un repos, une boiterie sur un postérieur, et parfois des cris de douleur sont des signes évocateurs caractéristiques. Leur apparition dans les dix premiers mois de  la vie doit impérativement conduire à un dépistage de la dysplasie afin de corriger celle-ci au plus tôt si possible.

 

 

Le traitement

Si possible la dysplasie doit être corrigée dès le plus jeune age, surtout si elle est symptomatique. L'approche des animaux en croissance asymptomatiques est plus délicate tant du point de vue de la décision d'intervenir que de la possibilité du dépistage.

Dans les cas avancés avec développement d'arthrose, une approche médicale est possible et doit toujours être envisagée en premier lieu. L'efficacité croissante des anti-inflammatoire non stéroïdiens (AINS) ainsi que l'amélioration de leur innocuité gastro-intestinale permet actuellement de traiter une grande majorité de patient sans recours à la chirurgie. Le traitement médical de la coxarthrose est dans tous les cas d'approche multimodale avec un contrôle rigoureux de l'excés pondéral, l'utilisation de suppléments alimentaires à visée articulaire et, l'usage raisonné et ciblé des AINS.

Plusieur types interventions différentes peuvent être proposées:

  • Pour les très jeunes animaux en croissante de moins de 24 semaines. Une intervention correctrice par symphysiodèse pubienne peut être réalisée. Il s'agit d'une intervention peu invasive qui en utilisant la croissance résiduelle de l'animal permet la correction progressive de la dysplasie.
  • Si l'animal ne présente pas d’arthrose, une intervention reconstructrice (triple ostéotomie du bassin) peut être réalisée afin de permettre un meilleur recouvrement de la tête fémorale, cette intervention se réalise normalement entre 8 et 12 mois

  • Si l'animal présente déjà de l’arthrose invalidante deux types d'intevention peuvent être proposées.
    • La résection de la tête et du col fémoral consiste en la section et le retrait du col et de la tête du fémur de sorte qu’ils ne frottent pas contre l’acétabulum. Dans ce cas, l’organisme forme une fausse articulation et la douleur est soulagée. Cette intervention est recommandée pour les chats et les chiens de petit et moyen format.
    • La prothèse totale de hanche qui est indiquée pour les chiens de races grandes et géantes. Cette technique implique le remplacement de l’acétabulum par une cupule plastique et la substitution de la tête fémorale par un implant métallique.

Efficacité des traitements

La symphysiodèse pubienne donne d'excellents résultats, son principal inconvénient est la difficulté du dépistage de la dysplasie avant la vingt-quatrième semaine.

La triple ostéotomie pelvienne donne d'exellents résultats dans 90% des cas. Certains patients développent quand même de l'arthrose en vieillissant néenmoins celle ci reste globalement non invalidante. La limite de l'intervention est sont champs d'application, certains animaux ne peuvent pas être candidats pour ce traitement: présence d'une coxa-plana ou patients présentant un cotyle comblé au moment de l'intervention.

La résection de la tête et du col du fémur donne de très bon résultats chez les animaux de petite et moyenne taille. Ses résultats sont d'avantage sujet à controverse pour les grandes races. Son indication pour les animaux de fort gabarit doit être réservé aux coxarthroses très invalidantes pour lesquelles le traitement médical est arrivé au bout de ses possibilités, réalisée dans les règles de l'art elle donne alors des résultats très satisfaisants avec un soulagement immédiat du patient.

La prothèse de hanche qui est en théorie le traitement idéal pour les coxarthroses évoluées demeure une intervention délicate, ne pouvant être réalisée qu'en centre spécialisé et par des chirurgiens hautement qualifiés coutumier des procédures. Le taux de complication en médecine vétérinaire reste identique à celui des résections tête cols chez les grands animaux (autour de 5 à 10%) mais sont généralement très invalidantes. Le cout élevé de l'intervention est un de ses principaux facteur limitant.

 

Complications éventuelles

- Indépendamment de la technique le risque d’accident à l’anesthésie, aussi faible soit il, reste non nul.

- Les infections du site chirurgical sont exceptionnelles mais généralement catastrophiques, le respect rigoureux des règles opératoires en chirurgie orthopédique permet de les prévenir.

- Prothèse totale de hanche. L’infection sur le site chirurgical peut survenir tôt après la chirurgie ou des mois ou des années plus tard. Si l'animal s’infecte après une prothèse totale de hanche, les implants doivent être retirés. Pour l’éviter, des antibiotiques doivent être administrés avant et après toute opération, blessure ou soin dentaire . Cela permet d’éviter la libération bactérienne et contamination du ciment par voie sanguine. Suite à la prothèse de hanche, le matériel peut bouger en cas d’activité trop importante durant la phase de cicatrisation, nécessitant une nouvelle intervention chirurgicale..

- Résection de la tête et du col fémoraux. L’infection est possible mais peu fréquente. Si la remise en activité n’est pas suffisante, une ankylose peut survenir et la pseudo-articulation se former incorrectement, résultant en un mauvais résultat fonctionnel. La rééducation est ainsi essentielle et doit être entreprise très rapidement.

- Triple ostéotomie du bassin. L’infection est possible mais peu fréquente. Si l'animal est trop actif durant le premier mois post-opératoire, le matériel peut bouger et lâcher, généralement il n'est pas nécessaire de réintervenir. De l’arthrose se développe chez la plupart des chiens, mais n’engendre pas de boiterie ou de douleur. En cas d’arthrose sévère, la prothèse totale de hanche peut devenir nécessaire.